Groupe hospitalier exclusivement dédié à la lutte contre le cancer, réunit les 20 Centres de lutte contre le cancer (CLCC). Les CLCC assurent une triple mission de soins, recherche et formation dans le domaine de la cancérologie.
Les résultats de l’enquête menée par la Ligue contre le cancer en 2010 auprès de 565 médecins généralistes permettent de mieux comprendre le rôle de ces soignants, leurs difficultés et attentes dans la prise en charge d’une pathologie qu’ils sont amenés à rencontrer de plus en plus souvent dans leur cabinet.

A côté du cancérologue et des autres professionnels qui vont intervenir tout au long de la maladie, le généraliste a son rôle à jouer dans la prise en charge du cancer et ce, de l’annonce de celui-ci jusqu’au au suivi post-thérapeutique. Pendant la phase de traitement, il va aussi être confronté à trois problèmes récurrents : les effets secondaires des traitements, la fatigue et l’anxiété qui assaillent ses patients.
Ce n’est donc pas un hasard si 95% des médecins qui ont participé à l’étude dont les résultats viennent d’être dévoilés1 reconnaissent conserver une relation étroite avec leur patient après l’annonce du diagnostic. « Le médecin généraliste apporte de l’humain dans un parcours de soins difficile, parfois déshumanisant. Il doit être le support sur lequel peut s’appuyer le malade, quelqu’un sur qui compter et à qui parler quand celui-ci le souhaite», souligne le Dr Gohier, généraliste dans le Val-de-Marne.
Des contraintes de temps et d’argent
Mais s’ils souhaitent rester proches de leurs patients, les médecins généralistes ont parfois du mal à jouer ce rôle d’accompagnement, compte tenu des contraintes de temps et d’argent imputables à leurs modalités d’exercice en libéral. Prendre en charge un cancer demande souvent des consultations longues, la mise en place d’une coordination et parfois, des visites à domicile. « Si on passe après une chimio une heure au domicile du patient dans le cadre de l’HAD (Hospitalisation à Domicile) et qu’on touche 32 euros, financièrement, ce n’est pas vivable », explique le Dr Gohier. « Il faudrait revoir l’offre soins et instaurer un forfait pour toutes les pathologies chroniques dont le cancer fait partie», confirme le Dr Gavid, médecin généraliste dans le Poitou.
Des contraintes qui peuvent expliquer en partie pourquoi, dans leur grande majorité, les médecins ayant participé à l’enquête considèrent que leur place n’est pas reconnue à leur juste valeur.
Une communication entre la ville et l’hôpital perfectible
Seulement 48% des médecins interrogés se disent satisfaits de l’information qu’ils reçoivent de leurs confrères oncologues ou chirurgiens prenant en charge leurs patients lors d’un cancer. « Parfois, on reçoit les courriers avec un certain décalage. On peut être amené à revoir le patient avant d’avoir reçu un document important », souligne le Dr Gavid.
Des problèmes de retard dans la transmission des données qui ne facilitent pas la communication entre la ville et l’hôpital. Mais il s’agit parfois aussi d’un véritable manque d’informations. Prenons le cas du PPS (Plan Personnalisé de Soins) instauré dans le cadre du premier plan cancer. « Seuls 16% des médecins le reçoivent. Et dans certaines régions, ce dispositif n’a pas été mis en place », regrette le Dr Gavid.
Que faire pour améliorer la communication entre le généraliste et les équipes soignantes ? Certains médecins, comme le Dr Gavid, souhaiteraient être intégrés aux réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP). « Nous n’avons pas à intervenir dans le choix du traitement, ce sont aux spécialistes de le faire. Mais nous pourrions apporter des éléments de contexte : nous sommes ceux qui connaissons le mieux le patient, son histoire et ses propres difficultés », rappelle ce généraliste.
Se sentant considérés comme le dernier maillon de la chaîne dans la prise en charge du cancer, les généralistes interrogés sont 67% à estimer qu’ils ne sont pas assez informés sur le plan cancer 2. Près de 70% d’entre eux ignorent de même les possibilités de soutien social et autres ressources disponibles dans le département dont ils pourraient informer les patients pendant ou après leur traitement.
Des chiffres qui confirment une fois de plus la nécessité d’instaurer rapidement une communication plus efficace entre le médecin traitant, le milieu hospitalier et les institutions.
Nathalie Ferron
1 Lors de la 1ère rencontre des médecins généralistes face au cancer, organisée le 7 octobre dernier au CNIT La Défense -
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Publié dans : La salle d'infos > Enquête
Tags : Rcp, Pps, Plan Personnalisé De Soins, Plan Cancer 2, Plan Cancer 1, Médecin Généraliste, Ligue Contre Le Cancer, Hopital, Had, Cancer
Publié le 19/10/2010 à 9h29 - Dernière modification le 12/05/2011 à 12h48
Commentaires : (4)

Bonjour, et bien moi, au départ, je n'ai pas eu votre chance et mon (ex)épouse non plus. Pour son cancer à elle, nous pouvions y aller en consultation pour l'un de nos enfants, il ne demandait aucune nouvelle.
Pour moi, après le diagnostique de mon cancer colotectal, j'ai du me débrouiller tout seul pour prendre contact avec Curie.
Nous étions pourtant clients depuis longtemps du médecin dont il a pris la succession. (Voyez le lapsus, je n'ai pas dit patients)
Il a juste rempli les papiers pour l'ALD...
Nous avons changé de médecin référent et là ce n'est plus pareil. Notre nouveau généraliste est une ancienne urgentiste. On a le sentiment d'être écouté en plus. Pour vous dire, cela fait un an que je suis à 250 km et je ne veux pas changer pour l'instant !
Ce n'est la fonction qui fait le médecin, c'est l'homme (ou la femme en l'occurence)
Tout moment est dernier, parce qu'il est unique[Marguerite Yourcenar]
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Je ne vais pas refaire la même que Pernelle... j'aurais pu tout écrire ou presque. Je fais partie des ces chanceuses et j'ai pleinement conscience que sans elle, mon médecin préférée, les choses auraient été différentes. J'ai besoin : elle est là, toujours... pas besoin : je la sais là et c'est tout aussi important !
cerOnac
"On ne voit bien qu'avec le coeur... L'essentiel est invisible pour les yeux"
"seules comptent les minutes qui ressemblent à ce que tu seras"
"On peut construire quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin"
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Celui qui a réussi à me faire garder le cap, vaille que vaille, dans cette immensément longue tempête cancéreuse, c’est mon médecin « référent ». Cela fait plus de quinze ans qu’il me connaît. Il a vu grandir mes enfants, assisté aux petites et grandes fractures de ma vie, pallier toutes les insuffisances de ces grands pontes, pourtant « spécialistes », qui sont entrés puis sortis de la danse. Jamais un doute sur ma parole, jamais une question éludée, jamais, malgré ses journées à rallonge, une consultation bâclée, pas un seul discours moralisateur sur les économies de sécu, pas un mot plus haut que l’autre, une lucidité sur les failles de notre système, de nos administrations, mais un discours mesuré et calme ..
Nous avons réussi à tisser ensemble un lien de confiance réciproque qui a été pour moi une planche de salut à maintes occasions. Il fait parti des « médecins de campagne », de ces oiseaux rares, en voie d’extinction, qui sillonnent encore les chemins perdus de la France profonde, qui connaissent l’histoire des familles qu’ils soignent, qui se lèvent la nuit pour les appels d’urgence, qui prennent leur « garde » du week-end, qui réserve à ses patients un créneau suffisamment long dans son agenda pour que ces derniers n’aient pas à subir une salle d’attente bondée et épuisante pendant des heures interminables, qui sait décliner le mot « empathie » sans jamais verser dans la pitié, qui sait refuser un nouveau dossier pour préserver la qualité de son travail, qui sait déléguer quand il sent la situation sortir de ses champs de compétence, qui prend le temps de former régulièrement nos futurs généralistes avec une pédagogie et une patience exemplaire, qui ne donne aucune priorité à la ronde des visiteurs médicaux, pourtant armés de si douces sirènes, de si beaux « présents », de si exotiques « séminaires » . Et, ô miracle, qui a manifestement appris à ménager sa vie privée, à s’accorder des vacances régulières pour regonfler les batteries si indispensables à cette profession exigeante…
Non non non, il n’est pas parfait, il a surement ses petits travers, comme tout à chacun, mais quand j’entends certains proches, certains amis, certains collègues, me parler de leur toubib, j’ai la conscience aigue d’être une grande privilégiée. Un médecin de famille, peu de gens en ont vraiment conscience, c’est un des personnages-clés de nos petites existences, même pour ceux qui ont l’incroyable bol de ne jamais connaître de pathologies lourdes. J’ai la chance d’avoir trouvé une perle… Nous avons la chance, ici, pour l'instant, d'avoir un médecin de campagne, et qui plus est, de qualité... Leur disparition progressive m'affole. Que foutent nos politiques.... (cf : "le médecin de campagne, une espèce en voie de disparition: http://www.atoute.org/n/article151.html)
J'ai souvent été témoin du peu de cas que font les oncologues de la parole du généraliste, de leur dédain ou indifférence en ce qui concerne ses avis, ses recommandations ( Soupçon de complaisance? Complexe de supériorité? ) et cela m'a toujours ulcérée. Car de toutes les blouses blanches croisées sur mon parcours depuis 8 ans, c'est pourtant le seul qui avait une vision très "CONCRÈTE", SUIVIE et GLOBALE, du chemin qui a été le mien.
Le parcours "déshumanisé" dont parle Nathalie Ferron dans cet article, je l'ai vécu dans ma chair, dans ma tête, dans mon coeur. C'est une des choses qui m'a fait le plus souffrir. Sans le soutien indéfectible de mon généraliste, j'aurais sûrement plongé très bas, perdu pied. Que l'on reconnaisse dignement sa place me semble la moindre des choses. Oui, le plan cancer a prévu d'améliorer la relation hôpital-ville, mais là encore, les choses avancent avec une lenteur affligeante.
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Ce site créé par le professeur Jean-Pierre Lotz, chef du service d'oncologie médicale de l'hôpital Tenon à Paris, fournit des informations médicales et juridiques aux patients.







Au fil du temps ma généraliste a pris sa place dans le suivi onco.
Il y a (très) longtemps, elle a commencé par être le médecin de mon fils, puis, comme j'étais vraiment en confiance avec elle, que je la trouvais toujours réactive, elle est aussi devenue mon médecin, puis celle d'autre membre de la famille... bref le médecin de famille d'antan.
Plus le fait qu'elle connaisse tous les petits bobos, ce médecin généraliste est vraiment d'un accompagnement inestimable.