Catherine Cerisey parle à travers un blog intelligent, bien documenté et très humain du cancer du sein.
Réputé comme l’un des pires, le cancer du pancréas est peut-être plus vulnérable qu’on ne le pensait. Une équipe française vient de le découvrir. Après de longues années sans une seule bonne nouvelle – rien n’avait jamais réussi jusqu’ici à améliorer la survie de plus de quelques jours – c’est une petite révolution. Explications.

Député du Nord et maire de Denain, Patrick Roy, nous a récemment rappelé à quel point le combat contre le cancer du pancréas est difficile … mais aussi combien il est important de ne pas se laisser impressionner par les statistiques, aussi mauvaises soient-elles. En octobre, il était question pour lui de quelques jours ou semaines à vivre. A la mi-mars et grâce à un nouveau traitement, Patrick Roy, certes très fatigué et amaigri, faisait un retour très applaudi à l’Assemblée nationale. Un premier pied de nez à cette maladie, sur laquelle il faut apporter quelques précisions.
1 • A quoi sert donc le pancréas, cet organe discret dont on parle si peu ?
Le pancréas est un petit organe situé sous l’estomac, qui sécrète, entre autres, des enzymes telles que la lipase, utiles à la digestion des graisses, ainsi que l’hormone insuline chargée de réguler le taux de sucre dans le sang. Il est donc en première ligne dans la digestion. Le plus souvent, ce sont les cellules constituant les canaux qui transportent le suc pancréatique, qui sont cancéreuses (adénocarcinome canalaire ).
2 • Avoir un cancer du pancréas, est-ce fréquent ?
Avec quelque 10.000 nouveaux diagnostics par an, le cancer du pancréas est loin derrière le cancer de la prostate (71.500) ou du sein (56.000), mais il est en progression, très probablement en raison du vieillissement de la population. Ainsi, ce sont surtout les personnes de plus de 50 ans qui sont concernés – avec un pic entre 70 et 80 ans - et les hommes le sont deux fois plus que les femmes. Le fait d’être fumeur, d’être alcoolique chronique, d’avoir des antécédents personnels de pancréatite chronique ou, dans sa famille, des cancers du pancréas, du côlon et du rectum, semble accroître ce risque. En 2008, la synthèse de 141 études publiée dans la revue «The Lancet» a montré par ailleurs que l’obésité sévère multipliait par 2,61 le risque de mortalité par cancer du pancréas,.
3 • Quel est le vrai problème lorsque cet organe est atteint ?
Comme il est situé contre les vertèbres, sous le sternum et donc qu’il fait partie des organes profonds, les symptômes sont très tardifs. Trop souvent, les premiers signes apparaissent lorsque la tumeur est déjà volumineuse, au point de comprimer les organes voisins (dont la vésicule biliaire) ou encore, au stade de métastases. En effet, l’une des particularités du cancer pancréatique est de métastaser très vite. Jaunisse, amaigrissement, fatigue et douleur sont les signes les plus souvent évoqués, mais à ce stade, le cancer est déjà bien évolué.
4 • Pourquoi le cancer du pancréas est-il réputé comme l’un des pires ?
Moins de 15 % des cancers du pancréas sont découverts à un stade où l’on peut encore espérer les guérir grâce à la chirurgie et une chimiothérapie, voire une radiothérapie en complément. Les hépato-cancérologues ont donc affaire dans une nette majorité soient à des patients encore opérables mais qui rechutent après intervention, et à une plus grosse proportion encore de patients chez qui le cancer du pancréas est diagnostiqué à un stade inopérable en raison de métastases.
5 • N’y a- t- il vraiment pas moyen de le dépister tôt ?
On ne peut malheureusement pas proposer un scanner à tout le monde, Néanmoins, la Société Française de gastro-entérologie vient de lancer une étude nationale chez les personnes à qui l’on découvre une petite tumeur à l’intérieur des canaux du pancréas (souvent de façon fortuite, à l’occasion d’un autre examen pour un motif différent). Les hépato gastroentérologues ont effectivement remarqué que certaines de ces tumeurs intra-canalaires dégénéraient en cancer du pancréas, alors que d’autres, non. S’ils arrivaient à identifier à l’avance quelles sont les tumeurs à haut risque, ils pourraient alors proposer aux patients concernés, une chirurgie suffisamment précoce pour échapper au cancer pancréatique.
6 • Jusqu’à aujourd’hui, quel était le traitement de référence ?
Les patients non opérables reçoivent depuis plus d’une quinzaine d’années, une chimiothérapie par la gemcitabine. Mais avec seulement 20 % des patients en vie à 1 an, les hépato cancérologues ont toujours cherché à faire mieux. Pour cela, près d’une trentaine d’études ont été menées dans le monde, associant la gemcitabine à un autre traitement de chimiothérapie ou de thérapie ciblée, sans jamais qu’aucun bénéfice n’ait été trouvé en terme de survie, à l’exception d’une seule étude. Il s’agit d’une étude canadienne au cours de laquelle, une thérapie ciblée – l’erlotinib – avait été associée à la gemcitabine : comparativement à la gemcitabine et un placebo, les médecins avaient réussi à obtenir une augmentation de la survie … mais seulement de 12 jours. Un résultat bien évidemment très insuffisant.
7 • Quelle est la nouveauté, avec quels résultats ?
Des médecins français ont eu l‘idée de proposer un «cocktail» de médicaments à leurs patients en bon état général au moment du diagnostic et donc susceptibles de bien le supporter : plus de 340 malades hospitalisés dans 48 établissements ont ainsi reçu, en plus de la gemcitabine, ce que les spécialistes appellent le protocole Folfirinox (5FU/acide folinique, irinotecan et oxaliplatine). Verdict : un gain moyen de 4,3 mois, un triplement des chances de survie à 18 mois et une qualité de vie plus longtemps préservée. Pour les malades et leur famille, c’est peu. Mais pour les médecins, cela veut dire beaucoup : ce premier bon résultat peut enfin en faire espérer d’autres. Du découragement collectif le plus total, on est enfin entré dans une phase d’espoir.
8 • En quoi est-ce révolutionnaire ?
Au regard de tout ce qui avait été fait jusqu’ici, c’est la plus grande avancée jamais obtenue au niveau mondial et depuis 15 ans ! On se retrouve donc un peu dans la situation du cancer pulmonaire du fumeur où après des années passées à stagner, les pneumologues avaient enfin réussi à améliorer quelque peu le pronostic de ce cancer de très mauvaise réputation, lui aussi.
9 • Toute personne atteinte de ce cancer peut -elle en bénéficier ?
Pour l’instant, seulement les patients de moins de 76 ans, porteurs d’une maladie métastatique, mais en bon état général ont pu suivre ce protocole. Pour les autres qui risquaient de ne pas supporter une telle polychimiothérapie en raison de leur état de santé, la gemcitabine restait le traitement de référence.
10 • Quelle est la prochaine étape ?
Ces premiers résultats encourageants ne sont pas une fin en soi et les hépato cancérologues vont devoir poursuivre leurs investigations pour espérer faire encore mieux. L’une des questions qui se pose, entre autres, est de savoir si chez les patients opérés par exemple, on ne serait pas plus efficace en donnant d’emblée le protocole Folfirinox plutôt que la gemcitabine. Pour y répondre, d’autres études et donc encore du temps s’avèrent nécessaires. Mais jamais l’espoir d’une future victoire n’aura été aussi proche.
Nathalie Szapiro
• Sources :
• “La prise en charge du cancer du pancreas”, Haute Autorité de Santé, décembre 2010
• Le Quotidien du Médecin du 24/03/2011.
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Publié dans : La Salle de soins > S'informer sur le cancer
Tags : Protocole Folfirinox, Polychimiothérapie Erlotinib, Gemcitabine, Gastro Entérologue, étude, Dépistage, Chimiothérapie, Cancer Du Pancréas
Publié le 14/04/2011 à 10h27 - Dernière modification le 12/05/2011 à 12h48
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Je me suis toujours interessée au cancer car j'ai beaucoup de proche qui ont eu differend cancer , certains vont bien et d'autes partent tres vite.Maintenant c'est ma mere qui suite a un cancer du rein a peut-etre un autre cancer de l'ovaire. j'encourage tous les gens a témoigner et a se battre contre ce fleau .
Renée Paradis