Une association qui aide à briser l'isolement des jeunes malades et de leurs proches.
Dès le diagnostic puis tout le suivi de la maladie cancéreuse, les analyses biologiques des « marqueurs tumoraux » sont régulièrement prescrites. Sont-elles si déterminantes pour les médecins ?
Qui n’a pas fiévreusement décacheté l’enveloppe à la sortie des laboratoires d’analyses pour découvrir au plus vite « où en sont ses marqueurs biologiques » ? Chaque patient nouvellement diagnostiqué ou régulièrement contrôlé les attend, les redoute, espère en eux, craint qu’ils ne remontent…Paramètre incontournable du suivi du cancer, cet indice biologique est d’autant plus investi d’attention que la maladie cancéreuse est une menace cachée, le plus souvent insidieuse. Alors se raccrocher à ces chiffres concrets, des mesures tangibles est bien compréhensible! Présentés sous forme de sigles, les marqueurs sont labellisés sous forme de codes renvoyant à un type de cancer spécifique : le CA 15.3 pour le sein, le CA 19.9 pour l’ovaire, les PSA pour la prostate… « En tout, nous dénombrons une dizaine de marqueurs rien que pour le cancer, explique le Dr Laurent Zelek, oncologue à l’Hôpital Avicenne de Bobigny. Ils nous indiquent le taux d’une substance présente dans le sang et qui peut être secrétée de manière anormale, révélant alors une activité tumorale ».
Alors bien sûr, on aura tendance à s’y référer. Mais le médecin tient à nuancer l’importance de ces analyses : «On aimerait bien que, grâce à ces marqueurs, les faits soient clairement noirs ou blancs, ou mal ou bien, et pouvoir ainsi trancher pour un traitement avec certitude ; mais nous ne pouvons vraiment interpréter ces chiffres que dans le contexte clinique et ce que nous dit le patient de sa santé. Et encore… »
En effet, il faut savoir que certains marqueurs peuvent monter pour des causes bénignes qui n’ont rien à voir avec le cancer (le tabagisme, par exemple) ; ce n’est que dans quelques cas spécifiques (cancer des testicules ou prostate opérée) que ces marqueurs doivent être vraiment normalisés et revenus à des taux bas dès le début des traitements.
« De toutes façons, ce ne sont pas les marqueurs que nous soignons, précise le Dr Zelek, mais l’évolution dans un contexte ». Exemple : si un patient déclare se sentir bien, mieux manger, mais présente des marqueurs élevés, il n’y aura pas lieu d’entreprendre une batterie d’examens. « Faut-il tout de suite faire une biopsie, commencer une chimiothérapie obligeant le patient qui jusque-là allait bien à se sentir malade ? » s’interroge l’ oncologue. Et celui-ci d’insister sur le fait que la médecine ne saurait être que « technique ». « Elle implique aussi écoute et examen clinique ».
Dans la plupart des cas ; l’indice des marqueurs est ce « grain de sable » qui va faire pencher la balance dans le sens d’un traitement ou pas. «Si une patiente qui en est à 12 semaines de traitements présente toujours des marqueurs élevés et se déclare épuisée, il y a tout lieu pour nous de penser qu’il faut changer de stratégie ». De plus, à l’heure des traitements personnalisés, l’oncologue prône une surveillance elle aussi personnalisée. « Dans le cas d’une maladie localisée, nous ne voyons pas l’intérêt d’un contrôle systématique tous les 6 mois » avoue-t-il.
Ainsi, point besoin pour les patients de trop focaliser sur ces indices techniques qui demandent une grande finesse d’interprétation que seule l’expérience du médecin autorise ; et comme le rappelle le Dr Laurent Zelek : « il faut être raisonnablement vigilant sans être exagérément inquiet ». Les marqueurs eux aussi doivent servir en ce sens, pas plus.
Pascale SENK
A lire aussi : "Foutus marqueurs"
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
Publié dans : La Salle de soins > Traitement
Tags : Psa, Prises De Sang, Marqueurs, Laurent Zelek, Contrôles, Cancer Du Sein, Cancer De La Prostate, Cancer De L'utérus, Cancer, Ca19.9, Ca15.3
Publié le 27/09/2010 à 3h45 - Dernière modification le 12/05/2011 à 12h48
CETTE RUBRIQUE VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
LE TOP DES ARTICLES
- "On ira tous à l'hôpital"- vu 52'665 fois
- Témoignage de Bernard Giraudeau- vu 36'406 fois
- Des comportements alimentaires à adopter- vu 22'124 fois
- Perruque : erreurs à éviter- vu 22'059 fois
- La perte de poids : l'ennemie du malade- vu 20'737 fois
- Post-traitements : quand c’est la mémoire qui flanche…- vu 20'433 fois
- Se nourrir malgré les troubles- vu 20'415 fois
- "Gardez un esprit critique"- vu 20'029 fois
- Au secours, je ne sais plus quoi manger!- vu 19'393 fois
- Gérer l'anxiété- vu 18'848 fois
Les vidéos à ne pas manquer
Ils nous soutiennent
Docteur Jean-François Masson
homéopathe
Docteur Thierry Janssen
psychothérapeute
Matthieu Ricard
moine bouddhiste, interprète du Dalaï lama
Supervision
L'agence Supervision, créatrice du site.
Notoriété Publique
Agence conseil en médiatisation
Les Amis sur Facebook
Les Amis de La Maison du cancer
Mots clés les plus fréquents
Agenda
-
Les cancers de la peau
Entrée libre. 15h, salle Oncora, centre Léon Bérard, Lyon
mai 22 2012 -
Courir pour elles
Course féminine au profit des associations de lutte contre le cancer. Domaine de Lacroix Laval
mai 27 2012 -
Activité physique et cancer
Entrée libre. 14h30, salle Oncora, centre Léon Bérard, Lyon
jui 07 2012
Sites amis
-
-
L'association souhaite changer le regard de la société sur ces femmes dont le corps est devenu asymétrique.
-
Le site internet ‘cancer-environnement.fr’ est un portail d’informations sur les risques de cancer en lien avec des expositions environnementales, des expositions professionnelles ou des comportements individuels, à destination des professionnels de santé, des personnes malades et d’autres publics intéressés par la thématique.
-
Groupe hospitalier exclusivement dédié à la lutte contre le cancer, réunit les 20 Centres de lutte contre le cancer (CLCC). Les CLCC assurent une triple mission de soins, recherche et formation dans le domaine de la cancérologie.
-
Ce site a été créé sous l'impulsion du Pr David Azria, professeur au Centre de lutte Contre le Cancer de Montpellier, dans le but d’apporter une information adaptée et exhaustive aux patients atteints de cancer et à leur entourage.






Une amie est décédée d'un cancer de l'endomètre avec des marqueurs muets. Elle devait bien être au courant, vu qu'elle était médecin...
Marie-Claude.
http://www.entreaccompagnants.com