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Une interview de Paul Frimat, professeur de médecine et santé au travail à la Faculté de Médecine de Lille 2.
LMC : Quel rôle joue le médecin du travail auprès de salariés atteints d’un cancer ?
Paul Frimat : Administrativement parlant, le contrat de travail est suspendu quand le salarié malade est en arrêt. Le médecin du travail n’intervient pas, sauf dans le cadre de la visite de pré-reprise, qui se produit à la demande du médecin-conseil de la Sécurité sociale ou du médecin traitant. Dans les faits, elle est peu utilisée – il faut savoir qu’un médecin généraliste n’a que neuf heures de formation sur la médecine du travail dans son cursus… Nous avons créé dans notre région une Charte de maintien dans l’emploi pour que les salariés en arrêt depuis plus de trois mois soient vus systématiquement par le médecin-conseil de la Sécurité sociale, l’assistante sociale, et bénéficient de cette visite de pré-reprise. L’objectif n’est pas de « fliquer » les salariés en question mais de les soutenir et de les garder dans une dynamique d’emploi. Nous avons en effet constaté que si la coupure avec le monde du travail était trop longue, les gens ne reprenaient pas leur travail. Il faut donc agir dans les trois à six mois après le début de l’arrêt maladie. Plus on anticipe la reprise, mieux elle se passe. Au Canada, les salariés malades ont l’habitude d’être suivis de près par leur entreprise, et cela n’est pas perçu comme une intrusion dans leur vie privée.(voir le résumé de la rencontre que nous avons organisée fin juin à ce sujet) On pourrait concevoir que les services de santé au travail, en liaison avec la Sécurité sociale, fassent ce type de suivi en France. Mais pour cela, il faudrait bien sûr confirmer l’indépendance de ces services.
LMC : Il est vrai que les salariés ont souvent une image négative de leur médecin du travail dont ils redoutent les liens avec l’employeur…
P.F. : Certains salariés ne parlent même pas de leur cancer, car ils ont la crainte d’être étiquetés « ALD » et d’être licenciés pour inaptitude. Ils recourent donc uniquement à leur médecin généraliste qui leur délivre une succession d’arrêts…Le problème de notre discipline est que l’on a enfermé le médecin du travail dans la problématique de l’aptitude, alors qu’il y a énormément de domaines dans lesquels il pourrait intervenir, comme l’aménagement des conditions de travail. Le reclassement du salarié malade est une obligation qui n’est pas assez forte pour l’employeur, sauf en cas de cancer professionnel. Dans la conjoncture actuelle, surtout pour les PME, l’employeur a plutôt tendance à utiliser l’arme du licenciement pour inaptitude. Une solution coûteuse et catastrophique sur le plan humain. L’enjeu est de lui expliquer qu’il existe tout un arsenal d’outils pour faciliter la reprise du travail, notamment le mi-temps thérapeutique qui dispose d’une grande souplesse d’utilisation. Un salarié peut travailler le lundi, mercredi, vendredi, ou cinq heures par jour, ou une cinq demi-journées par semaine…Ce n’est pas parce que vous avez eu un cancer que vous ne travaillerez plus.
LMC : Qu’attendez-vous de la réforme de la médecine du travail qui doit intervenir à la fin de l’année ?
P.F. : Notre discipline a un rôle à jouer dans la problématique du maintien de l’emploi et de l’employabilité, mais aussi en matière de prévention. Aujourd’hui, le médecin du travail voit les salariés tous les deux ans. Demain, il faudra qu’il mette en place un programme de santé pour l’entreprise, avec des nutritionnistes, des infirmières… toute une équipe de santé, car d’ici quelques années, 50% des médecins du travail seront à la retraite. Si on demande aux salariés de rester plus longtemps dans l’entreprise, il faut que celle-ci évolue, en aménageant les postes de travail, en améliorant le suivi de la santé de ces salariés… Pour ma part, j’irai même plus loin : si les entreprises ne veulent pas payer les mi-temps thérapeutiques, il faut peut-être que les grands groupes d’assurances prennent le relais. Mieux vaut des salariés qui travaillent à 40% que pas du tout. Des arrêts coûtent plus chers à la société que des aménagements. Cette évolution doit se faire dans le respect de la liberté individuelle du malade, bien évidemment.
A lire aussi:
"Pension d'invalidité: mal foutue"
"Peut-on être licencié au bout de six mois d'arrêt-maladie?"
Propos recueillis par Claire Aubé, claire.aube@la-maison-du-cancer.com
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Publié dans : Le Bureau > Travail
Tags : Médecine Du Travail, Inaptitude, Frimat, Cancer, Affection Longue Durée
Publié le 20/07/2009 à 7h29 - Dernière modification le 12/05/2011 à 12h46
Commentaires : (4)

J'ai moi même des grandes difficultés à trouver du travail. Dans un premier temps j'étais aide à domicile, mais trot épuisant pour moi.J'ai crée mon entreprise, un atelier de retouches " toute couture". J'ai été obligé de cesser mon activité suite à une très grande fatigue.Je suis suivie pour une dépression aggravée, mais je n'ai pas de revenue.Mon mari malade depuis 1993 et à la retraite aujourd'hui avec 720€ par mois.Comment faire face à cette vie aujourd'hui.
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On parle beaucoup de la reprise du travail dans son entreprise mais qu'en est t'il de ceux, comme moi, qui recherche un emploi à mi temps.
Je suis en récidive depuis 4 ans d'un cancer du sein, stabilisée, mon oncologue me donne l'autorisation de reprendre une activité professionnelle mais depuis deux ans de recherche je suis toujours au même stade. Certains dirigeants d'entreprise m'ont dit que j'étais un "danger" pour leur entreprise sans compter ceux refusant de me serrer la main à la fin d'un entretien !!!!!
Au début de ma récidive,mon médecin traitant a "oublié" de faire une demande d'invalidité, aujourd'hui je n'y ais plus le droit, ne correspondant pas "administrativement", je n'ai donc qu'une allocation adulte handicapé qu'on peut m'enlever du jour au lendemain !!
Il m'est arrivée souvent d'avoir 0 euros de ressources et de devoir payer des médicaments, une taxe d'habitation etc..s'en est suivi une demande d'interdiction banquaire de la part de ma banque!!
C'est mon concubin qui actuellement doit me prendre en charge financièrement pourtant je ne demande qu'à travailler !!!
Nathalie
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Bonsoir à tous,
En complément à l'interview du Pr Frimat,pour information...
Article écrit par le Dr Marie-Thérèse Giorgio/ "droit- Médical.com" le samedi 11 Juillet 2009:
Il n'est pas rare qu'un salarié ait du mal à faire la différence entre la décision que va être amené à prendre le médecin-conseil concernant une mise en invalidité et celle du médecin du travail vis-à-vis de son aptitude.
Par exemple, rien ne s'oppose à ce qu'un assuré admis en invalidité 2e catégorie par le médecin-conseil soit reconnu, dans le même temps, apte à un poste de travail par le médecin du travail de l'entreprise.
Certains employés pensent que la mise en invalidité va entraîner automatiquement un licenciement. Ce n'est pas le cas.
Dans un premier temps, il faut que le salarié se mette en situation de reprise. Il suffit pour cela qu'il informe son employeur de son désir de reprendre le travail.
L'entreprise doit alors organiser la visite de reprise. Quand l'employé va se présenter au médecin du travail, ce dernier ne sera pas nécessairement d'accord avec le médecin-conseil et peut déclarer le salarié apte.
Si le salarié ne se met pas en situation de reprise, l'employeur n'a rien à faire, comme le confirme une décision de la chambre sociale de la Cour de cassation (n° de pourvoi 08-40030) du 4 juin 2009. Pour celle-ci, « l'employeur, qui n'envisage pas de licencier pour inaptitude un salarié classé en invalidité de deuxième catégorie, n'a pas à prendre l'initiative d'un examen par le médecin du travail du salarié qui n'a pas demandé à reprendre le travail et il appartient, éventuellement, au salarié de solliciter cet examen, s'il le juge utile ».
Invalidité ne signifie donc pas systématiquement inaptitude au travail et licenciement.
Amicalement,
Eric59820.
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Bonjour,
Je pense que une fois que l'on a eu un cancer il est très difficile de retrouver un emploi. Pour ma part quant la maladie m'est tombée dessus j'étais en CDD, et mon cancer est arrivé 3 mois avant la fin de ce CDD. J'ai travaillé avec 3 chimiothérapies, puis la fin du contrat est arrivé. Aujourd'hui je suis prête à reprendre un emploi, mais malheureusement le Directeur avec qui je travaillais à été licencié, donc plus de référence, de surcroît j'étais en milieu hospitalier privé. Celui qui à pris la suite ne me connaît pas mais tient des propos diffamatoires à mon égard, alors comment voulez-vous faire, quant en plus de cela en face de vous vous n'avez en partie que de la connerie humaine.
Bonne journée